Le donjon de Châtillon

Le donjon de Châtillon

Le donjon est accessible toute l’année aux horaires de l’Office de Tourisme. Le tarif est de 1€ par personne et gratuit pour les -12 ans. On vous donne la clé et vous pouvez vous promener en visite libre. 

Edifiée dans le troisième quart du XIIème siècle (c. 1160) par Henri II Plantagenêt, comte d’Anjou et roi d’Angleterre, la tour de César, élément majeur de l’architecture militaire médiévale est le plus ancien donjon cylindrique, voûté et chemisé de France. C’est un monument complexe constitué de trois éléments principaux :

  • La motte : escarpement naturel de calcaire tertiaire rehaussé artificiellement dès le haut moyen âge,
  • La chemise : rempart de protection édifié sur le sommet de la motte,
  • La tour maîtresse qui domine l’ensemble, connue sous différents noms : tour de l’aigle, tour de César, grosse tour.

La chemise

Le chemin moderne d’accès au donjon, créé en 1870, reprend à peu près les tracés de la courtine nord du château fort et du cheminement médiéval vers l’intérieur de la chemise. En franchissant la chemise, on voit sous l’escalier les vestiges de l’accès primitif.

A l’intérieur de la chemise, près de la tourelle qui permettait par un pont partiellement mobile d’accéder au premier étage du donjon, la restauration de 2003 a dégagé une archère dirigée vers la basse cour. Entre la tour et la chemise de nombreux vestiges (four, cheminée, cage de l’escalier d’accès à la porte du château fort par le chemin de ronde de la courtine sud) témoignent d’un espace affecté à la vie de la garnison.

A une date inconnue de l’époque moderne, la chemise a été arasée vers la basse cour du château, à l’ouest (extérieur de la forteresse), elle a gardé sa hauteur primitive amputée du crénelage.

Avant de monter vers les parties hautes de la tour, on peut regarder la partie enterrée qui ne se visite pas. Cet important sous-sol était éclairé par quatre fenêtres dont deux sont murées, une troisième a été transformée en porte à l’époque moderne, la quatrième ouverte vers le nord donne une bonne idée de l’état initial.

La grande salle de l’étage

L’escalier moderne qui permet de monter dans la tour aboutit à une porte, percée en 1930, dans une ancienne fenêtre. La porte primitive, transformée en fenêtre se trouve juste en face de l’entrée moderne. La salle haute était la salle principale de la tour, elle a subi de nombreuses transformations.

Le dallage calcaire du sol, avec ses dalles concentriques disposées comme les tuiles d’un toit et ses gouttières périphériques est une couverture mise en place au XVIème siècle pour protéger la coupole lorsque le toit de la tour avait disparu. Les gouttières évacuaient les eaux pluviales par quatre gargouilles.

Des ouvertures primitives, seule la fenêtre ouverte vers le sud, avec ses coussièges a gardé son aspect médiéval. De nombreux graffiti, certains très anciens, sont gravés dans les sièges et l’embrasure de la fenêtre.

La cheminée est un ajout du XIVème siècle. L’escalier de bois qui permet d’accéder à la terrasse de la tour suit presque le tracé de l’escalier primitif dont la trace est visible sur le mur. L’escalier moderne n’a pas réutilisé les quelques ancienne marches de pierre qui sont construites dans l’épaisseur du mur près de l’entrée ancienne. Les fers rappellent que le donjon a été utilisé comme prison.

Les parties hautes

L’escalier de bois permet d’accéder à la dalle de béton qui porte le château d’eau de 1930. Au sommet de cet escalier, une vaste embrasure ouvre vers le sud-est. L’embrasure porte quatre fortes glissières permettant d’engager des poutres portant à l’extérieur une structure de défense (bretêche) destinée à protéger un point doublement sensible de la forteresse : la liaison entre la courtine sud et la chemise d’une part et l’escalier permettant d’accéder au chemin de ronde de la courtine sud depuis l’intérieur de la chemise d’autre part.

Un dernier escalier de bois permet d’accéder à la terrasse supérieure de la tour dont les murs conservent en partie les ouvertures par où passaient les poutres qui portaient le hourd extérieur et la couverture de la tour.

D’une hauteur totale d’environ 30m, de la terrasse supérieure on jouit d’un vaste panorama sur la basse cour du château, la ville de Châtillon et la vallée de l’Indre de Palluau à Bridoré.