CHÂTILLON-SUR-INDRE

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Le donjon et le château-fort d’Henri II Plantagenêt de Châtillon-sur-Indre-sur-Indre

La butte de Châtillon-sur-Indre-sur-Indre, occupée depuis la plus haute antiquité, entre dans l’histoire en 870. C’est le roi Charles le Chauve en fait don à Haimon, l’un de ses officiers. Aux XIe et XIIe siècle, elle passe sous la domination des comtes d’Anjou. Après son accession au trône d’Angleterre en 1154, Henri II Plantagenêt décide de reconstruire totalement la fortification. Un formidable château fort, l’un des plus impressionnants du Berry, est construit. Il en reste aujourd’hui le donjon, deux tours « carrées » et des éléments de courtine souvent masqués par des constructions ultérieures.

Le logis de ce château n’est pas connu, même s’il reste vraisemblable que l’actuel bâtiment dit « des prisons », en a réutilisé des éléments dans sa partie occidentale. Ce logis était assez vaste et confortable pour permettre à Henri II, accompagné de ses fils Richard et Jean, d’y recevoir le roi de France, Philippe II Auguste, le 7 octobre 1188.

Le donjon, connu sous le nom de « tour de César » ou « tour de l’Aigle » est un élément essentiel à l’histoire de l’architecture militaire. C’est le plus ancien donjon cylindrique voûté de France. Il est profondément enterré dans une butte artificielle couronnée d’une imposante muraille « la chemise » qui constitue sa défense propre. Il domine la basse-cour de plus de vingt mètres.

Les découvertes récentes (puits, cheminée, four à pain, appentis sur la muraille…) ont montré que l’espace enfermé par la chemise au pied du donjon était un lieu de vie pour la garnison. Initialement pourvu à son sommet d’un hourd et d’une toiture, le donjon est séparé en deux niveaux majeurs par une puissante coupole en maçonnerie qui assure sa cohésion. Les deux niveaux étaient eux-mêmes recoupés par des planchers. Il n’était accessible, comme tous les donjons médiévaux, qu’au niveau supérieur, par un pont-levis servi par une tourelle dont il reste le soubassement.

La circulation du niveau supérieur vers le sous-sol n’a toujours pas été élucidée. La porte qui ouvre le sous-sol date du début du XX e s. Les aménagements postérieurs ne l’ont pas gravement modifié. Sa dernière transformation importante date de 1932. La municipalité décida de transformer le donjon en château d’eau pour la première adduction publique. La terrasse qui le couronne offre une superbe vue panoramique sur la ville et la campagne environnante.

Le logis royal, la chapelle, la terrasse et le bâtiment des prisons

Châtillon-sur-Indre entre dans le domaine royal capétien au début du XIIe s. Le château-fort confié par Philippe Auguste au fils de son connétable Dreu de Mello ne subit aucune modification dans le début du siècle. En 1274, Philippe II donne Châtillon-sur-Indre à son favori Pierre de la Brosse. Celui-ci entreprend la construction d’un palais prestigieux dans l’enceinte du château-fort. Le logis principal prend la place de la courtine orientale. Une immense terrasse est construite en avant de la courtine détruite.

Un logis secondaire, connu sous le nom moderne de « bâtiment des prisons » est adossé à la courtine nord. Après la disgrâce du favori en 1278 le chantier est repris par le roi. Il est complété par la construction d’une chapelle gothique à deux niveaux. L’essentiel de ce somptueux palais, ancêtre des « châteaux de la Loire », est conservé. Avec sa terrasse monumentale, ses larges ouvertures, ses peintures murales, ses charpentes sculptées et peintes, c’est l’un des très rares exemples de l’architecture civile du XIIe s. subsistant en France. Il a servi de modèle au logis royal de Loches. Démembré à la fin du XVIIIe s., il est entré en trois phases (1885, 1930, 2009) dans le patrimoine municipal. Son intérêt majeur l’a fait récemment classer au titre des monuments historiques.

La collégiale

Autrefois collégiale Saint-Austrégisile, l’église Notre-Dame, paroissiale depuis 1791 est le plus ancien monument historique de Châtillon-sur-Indre. Construite dans la première moitié du XIIe s. c’est l’une des plus remarquables églises romanes du Berry. Classée monument historique dès 1862, elle est originale par la hauteur et la variété de ses voûtes qui culminent à près de 20 m. Son premier dédicataire, le saint évêque de Bourges Austregilius, est très présent dans l’ornementation. La voûte gothique de style angevin qui couvre la croisée du transept est sans doute la signature de ses commanditaires : les comtes d’Anjou. Fortement restaurée au XIXe s. elle a été peu modifiée au cours de sa longue histoire. Si l’on excepte la construction au XVe s. de la chapelle gothique nord qui conserve le souvenir d’une famille noble locale, éteinte en 1796, les Sorbiers.

Son mobilier, en partie reconstitué au XIXe s., comprend des éléments intéressants : stalles du XVIe s., statues et tableaux du XVIe s. au XVIIe s., cloche du XVIIIe s. Vers 1880, Mgr P.-M. Lenoir, restaurateur de l’abbaye de Fontgombault, curé de Châtillon-sur-Indre de 1872 à 1907, l’a ornée de beaux vitraux du maître verrier Lobin de Tours. Son décor sculpté, notamment les chapiteaux de la croisée du transept et le portail principal, est d’un grand intérêt. Lors de la construction, on a réutilisé quelques éléments d’une église antérieure : bas-reliefs du pignon sud du transept, lion de la porte nord, inscription du portail sud.

Fortification urbaine

Son décor sculpté, notamment les chapiteaux de la croisée du transept et le portail principal, est d’un grand intérêt. Lors de la construction, on a réutilisé quelques éléments d’une église antérieurs : bas-reliefs du pignon sud du transept, lion de la porte nord, inscription du portail sud. Dès son entrée dans le domaine capétien au XIIe s. la ville royale s’est entourée de ses propres murailles, définissent la zone urbaine. L’espace fortifié, entièrement clos vers l’ouest, s’ouvrait par trois portes, nommées par des bâtiments religieux voisins : « Saint-Nicolas » au nord, « Saint-Austrégisile » à l’est et « Saint-Antoine » au sud. Si des portes ont été modifiées dès le XVIIIe s., les percements modernes de l’enceinte urbaine n’ont été réalisés qu’à la fin du XIXe s.

Dans leur état actuel, les remparts de la ville, renforcés par de nombreuses tours dont au moins sept sont conservés, ne semblent pas remonter au-delà du XVIe s., ce qui pourrait signifier que l’enceinte urbaine, attestée au XIXe s. par les textes, a été entièrement reconstruite à l’époque moderne ; lors de la reconstruction, les murailles et les tours ont été armées de bouches à feu. Les archives de ces travaux importants ne sont pas connues. Le comblement du fossé ouest de la ville au XVIIIe s. a donné naissance à la promenade du Mail, réservée aux piétons jusqu’au milieu du XXe s. L’étroitesse du domaine urbain a nécessité des extensions précoces à partir des trois portes générant des faubourgs.

Bâti urbain privé

Ville royale, Châtillon-sur-Indre a été pourvue, très tôt, d’une juridiction royale. Dès le XIII e s. le Grand Bailly de Touraine y tenait ses Assises. Le bailliage de Châtillon-sur-Indre, érigé en siège présidial en 1639, occupait de nombreux magistrats. Leurs demeures reflétaient leur statut social. Cela explique la présence dans le bâti urbain d’un grand nombre de maisons privées d’une qualité exceptionnelle. Elles sont majoritairement situées sur les deux axes anciens qui structurent la ville depuis le Moyen Age : la rue Grande, ancienne rue Royale et la rue du Nord, autrefois rue du Chapitre. Trois maisons de la Renaissance sont protégées au titre des monuments historiques, mais l’intérêt de plusieurs autres méritait cette reconnaissance.

L’urbanisme moderne en a fait disparaître certaines. Celles qui subsistent montrent un intéressant catalogue du bâti privé du XV e au XVIII e s.

Quartier St-Antoine

Extension naturelle de la ville par sa porte sud, le faubourg Saint-Antoine est nommé comme la porte qui le sert, par une chapelle disparu qui s’élevait hors les murs. Il est vraisemblable que cette chapelle a été intégrée au couvent des Ursulines créé au XVII e s. Désaffecté à la Révolution le couvent a été transformé en hôpital au début du XIX e s. Cet hôpital tenu par les sœurs de Providence de Saumur a fonctionné jusqu’à l’inauguration de l’actuel en 1910. Le jardin public René Cluzeau est l’ancien parc des Ursulines, le lavoir des religieuses est conservé au bord du canal. Dans ce faubourg s’élevait une chapelle Sainte-Marie qui, sous l’ancien régime, était une annexe de l’église paroissiale de Toizelay.

Quartier artisanal de tanneries et de moulins, grâce au canal, le faubourg Saint-Antoine a vu se développer au XIXe s. la première industrie métallurgique de Châtillon-sur-Indre à la Forge de Lamps. Un essai, sans lendemain, d’industrie automobile y a vu le jour en 1899 à l’initiative des frères Hidien.

La levée des ponts

Servi par la porte construite sur le flanc sud de la collégiale, le faubourg oriental de Châtillon-sur-Indre est naturellement nommé Saint-Austrégisile. C’est la seule partie de l’agglomération qui appartient à l’ancienne paroisse de Saint-Martin-de-Vertou. Elle commence sur la rive droite du canal.

Au début du XVIII e s. le seigneur de Châtillon-sur-Indre, Amelot de Chaillou, y a créé un hospice pourvu d’une chapelle sous le vocable de Saint-Eutrope. Cette chapelle était desservie par le curé de Saint-Martin-de-Vertou. Centré sur la vallée de l’Indre et son canal, c’est un quartier artisanal. Les nombreuses petites tanneries ont été regroupées dans la deuxième moitié du XIX e s. C’est un industriel visionnaire Edmond Perrigault, qui a donné une audience européenne à l’industrie Châtillonnaise. La maison des associations est implantée dans un ancien atelier-séchoir de la tannerie. Avant la Révolution, le canal, percé sans doute dès le XII e s., fournissait la force motrice à cinq moulins et à de nombreuses tanneries.

Faubourg neuf et quartier des Augustins

A l’extrémité nord de la rue Royale, la porte Saint-Nicolas ouvre sur le faubourg neuf. C’est la plus ancienne extension de la ville, attestée dès le XIII e s. Il constituait autrefois un fief dépendant du Chapitre de la collégiale. C’est au nord de ce faubourg que fut implanté au XVII e s. un couvent d’Augustins dont il reste un bâtiment résidentiel. L’église conventuelle a été démolie au début du XIX e s. après avoir servi de mairie révolutionnaire. Le nouveau champ de foire, la gare, la gendarmerie, l’hôpital, le stade et le collège sont les témoins de l’extension de la ville au XX e s. Entre le faubourg neuf et la levée des ponts, le petit faubourg de Pampelune était centré sur l’ancien champ de foire et les halles dont la rue du Vieux Champ de Foire et le Pré de Foire gardent le souvenir.

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